
Lorsqu'un cabinet envisage d’automatiser une partie de ses processus juridiques - notamment sur les approbations de comptes annuels (AGOA) - les équipes formulent naturellement des réserves. Ces interrogations ne relèvent pas de la résistance au changement, mais d’une prudence professionnelle justifiée.
Raphaël BLANC, CEO de JurIA et ancien responsable juridique en cabinet d’expertise comptable répond aux trois questions les plus fréquentes sur l’automatisation de process juridique !
Contexte : Cette réserve s’appuie sur une réalité incontestable : chaque société présente sa propre configuration juridique, fiscale et comptable. Par exemple, une SARL soumise à l’impôt sur les sociétés avec distribution de dividendes ne se traite pas comme une SAS à l’impôt sur le revenu avec affectation en report à nouveau. Les juristes craignent souvent qu’une automatisation standardisée ne puisse pas s’adapter à cette diversité.
Raphaël BLANC (RB) - "L’automatisation porte essentiellement sur le cadre opérationnel et moins sur l’analyse juridique. Les processus automatisés ne visent pas à remplacer le jugement juridique du professionnel. Ils ciblent exclusivement les tâches répétitives qui ne nécessitent pas forcément d’arbitrage comme la récupération des données clefs “répartitions du capital, éléments financiers, conventions réglementées, …” - informations déjà présentes dans les systèmes du cabinet-, mais aussi sur la mise en forme des documents, etc.
Finalement, utiliser une plateforme comme JurIA, c’est avoir des structures de template adaptatives qui s’ajustent automatiquement selon la situation juridique et financière de la société. Le juriste garde la main sur tous les arbitrages juridiques, mais il ne perd plus de temps sur la saisie, la mise en forme et autres tâches rébarbatives et peu gratifiantes.
En outre, l’outil maille la chaîne de production juridique de A à Z, ce qui va soulager l’utilisateur de nombreuses ressaisies sur l’outil de signature et sur le Guichet Unique, fermant la porte à de nombreuses erreurs matérielles que nous connaissons bien."
Contexte : Cette inquiétude porte sur un risque réel : déléguer certaines étapes à un système automatisé pourrait conduire à une validation moins rigoureuse. Le juriste, n'ayant plus manipulé chaque élément du dossier, pourrait perdre en vigilance.
RB - "Prenons l'exemple d'un juriste utilisant une méthode non automatisée. Il consacre 1h à la saisie et à la mise en forme et 30 minutes à l'analyse juridique. Dans ce cas, la fatigue s'accumule, la relecture se fait en diagonale, la vigilance diminue inexorablement.
Prenons maintenant ce même juriste utilisant une plateforme d'automatisation juridique. Le temps de saisie et de mise en forme passe de 1h à quelques minutes. Il maintient ainsi un niveau de concentration optimal et préserve sa vigilance sur l'analyse juridique.
Un paradoxe se dégage. Plus un juriste consacre de temps à des tâches de saisie, plus sa vigilance juridique diminue en fin de processus. À l'inverse, la sécurisation juridique se révèle plus robuste lorsque le juriste concentre son temps et son attention sur les étapes qui nécessitent réellement son expertise. Intervenant sur un dossier déjà structuré et pré-contrôlé, il peut concentrer toute son attention sur la validation juridique de fond.
Résultat, un dossier maîtrisé à la perfection en quelques minutes dès la production documentaire et un gain de temps majeur sur la suite du traitement - signature, dépôt, ect."
Contexte : Cette réserve porte sur le coût d’opportunité : le temps nécessaire pour mettre en place un nouveau processus, former les équipes et ajuster les pratiques qui pourraient être consacrées à la production immédiate.
RB - "Le coût réel est celui de l'inaction. Nous avons fait un calcul simple à partir des retours d'expérience de nos clients. Prenons un cabinet moyen qui traite environ 400 dossiers par an. Sur la préparation des enveloppes de signature seule, ils gagnent 15 minutes par dossier, soit 100 heures par an. Ajoutez à cela les fiches navettes intelligentes qui éliminent les allers-retours : 15 minutes supplémentaires par dossier, soit 100 heures de plus. Au total, on arrive à 200 heures économisées par an, l'équivalent de plus d'un mois de travail à temps plein. La mise en place du processus nécessite quelques heures. Le retour sur investissement est immédiat !
Au-delà du gain de temps, la restructuration du processus produit des effets sur la qualité de vie au travail : suppression des pics de stress en avril-mai, lissage de la charge sur l'année, revalorisation du rôle du juriste et amélioration des relations entre les équipes, relation simplifiée avec les collaborateurs comptables.
Le temps non investi dans cette évolution se paie chaque année en heures supplémentaires, en stress d'équipe et en turnover.
Enfin j’ajouterai que chez JurIA, nous avons pensé la migration pour qu’elle soit la plus simple et saine possible : nos équipes sont capables d’importer massivement tout votre portefeuille client afin que JurIA ait analysé l’ensemble de vos dossiers avant même le déploiement de la solution."
Les retours d'expérience des cabinets ayant restructuré leur processus AGOA apportent des réponses factuelles :
La question n'est plus de savoir si ces évolutions sont souhaitables, mais comment les accompagner de manière pragmatique, en préservant la qualité juridique qui fait la valeur des cabinets d'expertise comptable.
Ces questions s'inscrivent dans une réflexion plus large sur l'optimisation du processus AGOA. Découvrez les 4 leviers opérationnels pour diviser par deux le temps consacré aux AGOA.

Myriam Haroun est Responsable Marketing chez JurIA depuis août 2025. Spécialiste du marketing digital et passionnée par l'IA juridique, elle pilote la stratégie de communication et marketing. Diplômée d'un Double Master en Digital Marketing, elle combine expertise marketing (SEO, content, CRM) et compréhension des enjeux juridiques pour accompagner la croissance de JurIA.


