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Vérane Faure, docteure en sciences cognitives et cofondatrice de JurIA

Des maths appliquées aux scaphandriers, en passant par les simulateurs de conduite. Découvrez le parcours atypique de Vérane Faure, l’experte qui conçoit les algorithmes de JurIA.
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Chez JurIA, derrière l’interface du chatbot, il y a des algorithmes. Et derrière ces algorithmes, il y a Vérane Faure. Docteure en sciences cognitives, entrepreneure, enseignante et cofondatrice de JurIA, son parcours est tout sauf linéaire. Des maths appliquées à Bordeaux aux simulateurs de conduite à Paris, des scaphandriers du sud de la France aux cabinets d’expertise comptable, elle a fait de l’algorithmique son métier et de la résolution de problèmes complexes sa passion !

Le coup de foudre pour l’algorithmique

Vérane a 37 ans. Elle est arrivée aux sciences cognitives un peu par hasard, à partir d’un parcours de mathématiques appliquées à l’université de Bordeaux. Avec un bac économie et social renforcé en mathématiques, elle s’intéressait aux statistiques et cherchait un moyen d’explorer ce domaine. L’université proposait deux parcours en maths appliquées : sciences sociales ou sciences cognitives. Elle a choisi le second.

Les sciences cognitives mélangent les mathématiques avec l’informatique, la psychologie et les neurosciences. C’est dans ce cadre qu’elle découvre l’algorithmique : les raisonnements, la logique formelle, la résolution structurée de problèmes.

Il y avait une partie qui était très cool, c’était des cours d’algorithmique qu’on avait dans la partie sciences cognitives. Il y avait vraiment les bases de l’algorithmique avec les raisonnements, la logique formelle, et j’ai vraiment adoré. - Vérane Faure

Dès la troisième année de licence, elle touche à l’intelligence artificielle, et plus précisément au traitement du langage naturel et à l’exploration de texte. À l’époque, personne n’imagine encore ChatGPT, mais Vérane est déjà plongée dans les techniques qui constitueront, des années plus tard, le socle de l’IA conversationnelle.

De la prise de décision aux simulateurs de conduite

Son master la mène vers l’ergonomie et les sciences cognitives, puis vers la recherche. En M1, elle réalise un stage sur la prise de décision et la réalité virtuelle. En M2, elle intègre un laboratoire de neurosciences qui travaille sur la maladie de Parkinson et plus précisément sur l’altération de la prise de décision causée par la disparition progressive de la substance noire dans les ganglions de la base - à vos souhaits 😅. Son rôle dans ce laboratoire était de modéliser informatiquement le fonctionnement de ces structures cérébrales.

Mais le côté clinique des neurosciences ne lui correspond pas tout à fait. Elle cherche une thèse ailleurs et décroche un sujet à l’université Gustave Eiffel (ex-LIVIC) sur les simulateurs de conduite. Sa thèse porte sur les processus attentionnels dans la conduite automobile sur simulateur versus la conduite en environnement réel.

Je travaillais sur les processus attentionnels dans la conduite automobile sur simulateur versus la conduite automobile dans l’environnement réel. Et c’était vraiment très très cool. - Vérane Faure

D’Albi à la création d’Algolab

Après sa thèse, Vérane donne des cours de biomécanique à l’université Paris-Saclay tout en écrivant des algorithmes de traitement automatisé de données pour le laboratoire. Elle quitte finalement Paris pour Albi dans le Tarn afin de se rapprocher de sa famille et du Sud Ouest qu’elle aime tant. Elle est recrutée comme attachée temporaire d’enseignement et de recherche en biomécanique et anatomie, avec une spécialité supplémentaire : écrire des algorithmes pour synchroniser la collecte de données du laboratoire.

Mais Vérane s’interroge sur son envie de devenir enseignante-chercheuse. Elle ressent un besoin de stimulation que l’université seule ne comble pas.

J’avais besoin de beaucoup plus d’opportunités et de stimulation que ce que je pouvais avoir à l’université, même si j’aime bien l’université quand même. C’est juste que moi, je ne me sentais pas de faire ça au final. Il me manquait quelque chose. - Vérane Faure

Elle découvre alors le parcours « étudiants entrepreneurs », accessible dans les trois ans suivant la thèse. Elle est dans les temps, c’est un signe. Elle se lance, encouragée par Alain HAMAOUI, son ancien directeur de laboratoire à Paris-Saclay qui lui dit que ce qu’elle fait avec les algorithmes devrait profiter à plus de monde. Au cours de ce cursus, elle crée Algolab : une entreprise spécialisée en algorithmique métier. Son aventure ne fait que commencer…

Algolab : résoudre des problèmes que personne d’autre ne résout

Algolab se répartit entre deux tiers d'écriture d’algorithmes et de conseil, et un tiers d’enseignement et de formation. Vérane garde sa casquette de professeure parce qu’elle y tient.

Si on apprend à personne à faire ce qu’on fait, on aura plus de collègues après. Donc à un moment, il faut bien qu’il y en a qui soient d’accord pour transmettre et essayer d’apprendre ce que nous on sait faire. - Vérane Faure

Sa spécialité, vous l’aurez compris, c’est les algorithmes métiers. Il s’agit de solutions sur mesure pour des problèmes spécifiques qu’une entreprise ne peut pas résoudre seule. Voici un petit florilège de ses clients qui illustrent la variété extraordinaire de son travail.

Les coiffeurs à domicile

Pour une plateforme de coiffeurs à domicile, Vérane a écrit un algorithme d’optimisation de tournées. Au lieu de proposer tous les créneaux disponibles d’un coiffeur, l’algorithme consulte sa tournée et ne propose que les créneaux situés géographiquement près de rendez-vous déjà réservés. Résultat : plus de coiffeur qui traverse la ville entre deux rendez-vous, tout est optimisé pour le confort des clients et des coiffeurs !

Les scaphandriers

Pour une entreprise qui travaille avec des scaphandriers, elle a conçu un algorithme de régulation de vitesse pour des ballons de levage sous-marins. Pour expliquer simplement le problème, quand un ballon remonte, la pression diminue, l’air se dilate, et le ballon accélère dangereusement et peut même exploser dans le pire des cas. L’algorithme ajuste en temps réel le gonflage et le dégonflage du ballon pour maintenir une vitesse constante et éviter les accidents en surface.

Moi, je travaille toute seule, ce qui fait qu’effectivement on résout des problèmes très spécifiques comme ça. Il y en a pas tous les matins, mais en attendant, il y en a assez pour moi. - Vérane Faure

Des coiffeurs aux scaphandriers, en passant par des restaurateurs, des parfumeurs et des fabricants de composants, Vérane ne s’ennuie jamais. C’est cette flexibilité, héritée des sciences cognitives, qui lui permet de passer d’un univers à l’autre.

Moi, je ne dissocie pas l’algorithmique des sciences cognitives parce que j’ai appris l’algorithmique en sciences cognitives. Et ce qu’on apprend en sciences cognitives, c’est vraiment une très grande flexibilité parce qu’on peut faire des sciences cognitives à peu près dans tous les domaines. - Vérane Faure

La rencontre avec JurIA

C’est par l’intermédiaire de Vincent Bouchard, l’un des cofondateurs de JurIA et ancien client d’Algolab, que Vérane découvre le projet. L’équipe fondatrice - Martin Caville, Jordan Alvin, Vincent Bouchard et Raphaël Blanc - avait une idée claire (un chatbot juridique) mais pas encore la connaissance précise des technologies nécessaires pour la réaliser.

[Raphaël] savait qu’il voulait faire un chatbot juridique, mais il ne savait pas ce que c’était un chatbot, ni comment ça fonctionnait, ni ce que ça impliquait. Il connaissait pas vraiment les différentes approches qu’on pouvait avoir en IA pour le traitement du langage. - Vérane Faure

Vérane commence par définir le périmètre technique : ce qui est faisable, ce qui ne l’est pas, les ressources nécessaires. Son implication grandit progressivement. D’abord consultante ponctuelle, elle devient de plus en plus présente sur le projet, jusqu’à devenir l’une des cofondatrices. Un engagement rare pour quelqu’un qui travaille habituellement sur des missions de quelques mois.

C’est rarissime que je reste des années sur un projet. - Vérane Faure

Ce qui l’a convaincue ? La richesse du défi technique. Le domaine juridique impose des contraintes que peu de secteurs réunissent : des données hautement confidentielles, des textes de loi parfois contradictoires, un besoin absolu de justifier chaque décision, et des professionnels exigeants qui n’ont aucune tolérance pour l’approximation. Pour une algorithmicienne passionnée par les problèmes complexes, c’était le terrain de jeu idéal 👀.

Un message pour les femmes dans la tech

Vérane est une femme docteure en sciences cognitives qui évolue dans l’informatique, l’entrepreneuriat et la technologie. Trois mondes où la représentation féminine reste très - trop - insuffisante. C’est un constat qu’elle fait sans détour.

Dans le domaine de l’informatique, on n’est pas très nombreuses. Dans le domaine de l’entrepreneuriat, on n’est pas très nombreuses. Dans le domaine global de la technologie, en dehors strictement de l’informatique, on est toujours pas très nombreuses. Et c’est assez frustrant de voir qu’il y a pas grand-chose qui marche. Mais on continue à faire passer le message quand même. - Vérane Faure

Elle participe régulièrement à des groupes de parole en Occitanie sur les thématiques femmes et sciences. Ce qui ressort de ces échanges et des études associées, c’est un constat plus profond qu’un simple problème de recrutement.

Les jeunes, quand ils sont en formation, n’arrivent pas vraiment à percevoir de sens dans les métiers technologiques et dans les métiers de l’informatique. Et c’est ce manque de sens qui provoque un manque d’investissement, et qui est plus marqué chez les femmes que chez les hommes. - Vérane Faure

Pourtant, Vérane en est convaincue : une fois la barrière technique franchie, le sens se trouve partout. Dans l’impact que ces métiers ont sur la société, dans la diversité des problèmes qu’on peut résoudre, dans la capacité à changer concrètement les choses en maîtrisant le code, les algorithmes, les sciences.

Une fois qu’on y est, qu’on a passé le cap de la technique, le sens on le retrouve parce qu’on est sur des métiers qui sont essentiels pour faire plein d’applications qui s’appliquent à beaucoup de monde. On peut vraiment changer beaucoup de choses en maîtrisant l’informatique et en maîtrisant le code, les réseaux, les sciences en général. — Vérane Faure

Vérane Faure incarne précisément ce que JurIA défend : l’humain au centre de la technologie. Ses algorithmes ne remplacent personne. Ils sont construits avec des experts métiers, pour des experts métiers. Et derrière chaque règle, chaque ligne de code, il y a une scientifique qui a pris le temps de comprendre le problème avant de le résoudre.

à propos de l'auteur
Myriam

Myriam Haroun est Responsable Marketing chez JurIA depuis août 2025. Spécialiste du marketing digital et passionnée par l'IA juridique, elle pilote la stratégie de communication et marketing. Diplômée d'un Double Master en Digital Marketing, elle combine expertise marketing (SEO, content, CRM) et compréhension des enjeux juridiques pour accompagner la croissance de JurIA.

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