Fonctionnalités
Tarifs
à propos
Contact
Blog
AccueilActualités juridiquesIntelligence artificielle

Comment réussir l’adoption de l’IA dans un cabinet comptable

Adopter l'IA en cabinet, ce n'est pas une question d'outil mais d'accompagnement. Vérane Faure, cofondatrice de JurIA, livre 4 étapes concrètes pour embarquer vos équipes sans brûler les étapes.
Sommaire

L’IA est présente à toutes les lèvres et stylo : sur les réseaux, dans la presse, dans les salons professionnels. Les cabinets d’expertise comptable, y compris, savent qu’ils devront tôt ou tard intégrer ces outils dans leur quotidien. Cependant, entre le savoir et le faire, il y a un fossé que beaucoup peinent à franchir.

Ce n’est pas un problème de technologie mais plutôt un problème d’accompagnement. Vérane Faure, docteure en sciences cognitives et cofondatrice de JurIA, observe ce phénomène depuis des années, aussi bien les professionnels avec lesquels elle travaille dans le cadre de son activité en tant que CEO d’AlgoLab qu’avec les étudiants qu’elle forme à l’algorithmique. Nous vous proposons en exclusivité ses conseils, tirés de sa propre expérience sur l’adoption de l’IA et applicables dès demain 😉

Avant toute chose : comprendre d’où vient la résistance

Quand un cabinet hésite à adopter l’IA, la première réaction est souvent de se dire que les équipes ne sont pas prêtes ou que le moment n’est pas le bon. Pour notre docteure, la racine du problème est ailleurs. En effet, pour Vérane, elle est dans la façon dont nous parlons de l’IA en général.

"
Photo de Vérane FAURE

Il y a beaucoup de communications qui m’agacent autour de l’IA. Tout ce fantasme autour de l’intelligence artificielle qui va venir permettre de supprimer des emplois pour optimiser des process. En fait, c’est juste de la communication.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

Vérane est dans le domaine de l’Intelligence Artificielle depuis ses études en sciences cognitives à Bordeaux. Elle a traversé les périodes où il fallait cacher que nous faisions de l’IA, puis celles où tout le monde s’est mis à en parler sans forcément comprendre de quoi il s’agissait réellement. C’est précisément cette succession de messages contradictoires qui crée l’anxiété actuelle autour de l'IA.

"
Photo de Vérane FAURE

Il y a énormément de communication qui est faite autour de l’IA et c’est pas toujours la bonne communication. Ce qui fait que ça crée de l’anxiété autour de l’intelligence artificielle. C’est pas la première fois que ça arrive.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

Les dirigeants de cabinet, comme tous les chefs d’entreprise, sont exposés à un flux constant d’informations sur l’Intelligence Artificielle. Dans cette masse, la qualité n’est pas toujours au rendez-vous…

"
Photo de Vérane FAURE

On est forcément bombardé d’informations. Généralement dans la masse, c’est pas forcément des bonnes informations. Ce qui fait qu’on commence en fait à avoir, avant même d’avoir compris ce que c’est, des fausses visions. Et soit on l’intègre mal, soit on commence à être réfractaire et à pas vouloir l’intégrer du tout.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

La résistance à l’IA dans les cabinets n’est pas irrationnelle. Elle est le résultat d’un bruit médiatique qui brouille les repères. Nous avons néanmoins une bonne nouvelle : cette résistance peut être facilement désamorcée !

Étape 1 : ouvrir le dialogue avant de choisir un outil

Le premier réflexe de Vérane n’est pas de recommander un outil ou une technologie mais plutôt d’une conversation avec votre équipe. Avant de parler d’IA, il faut que les équipes puissent s’exprimer librement.

"
Photo de Vérane FAURE

Ce qu’il faut avant tout, c’est de la communication. Il faut que les personnes puissent se poser autour d’une table, que chacun puisse exprimer son enthousiasme ou ses réticences autour de l’intelligence artificielle de façon à ce qu’on arrive à trouver un point d’intégration dans l’entreprise qui soit le plus naturel possible. S’il y a pas de discussion, il y a pas d’adoption derrière non plus.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

Ce temps de dialogue n’est pas du temps perdu. En effet, il permet de désamorcer les peurs irrationnelles, de canaliser les enthousiasmes, et surtout de faire émerger un consensus sur la manière dont l’IA sera utilisée dans le cabinet. Chaque collaborateur a un point de vue différent, une expérience différente avec la technologie. Ignorer ces différences, c’est garantir une adoption ratée.

Vérane anime régulièrement ce type de sessions avec ses étudiants. Elle organise des temps d’échange où chacun peut parler d’intelligence artificielle librement, poser des questions, partager ses inquiétudes. Il s’agit de la même logique qui s’applique en cabinet : créer un espace sûr pour en parler avant de passer à l’étape suivante.

Étape 2 : définir un cadre clair d’utilisation

Une fois que le dialogue est ouvert, Vérane recommande de poser des règles. Je ne parle pas ici d’un règlement intérieur de 50 pages, mais plutôt d’un cadre simple qui répond aux questions essentielles : quelles données sont confidentielles et ne doivent jamais être envoyées à un outil externe ? Quelles données sont publiques et peuvent être traitées par une IA générative ? Quels outils sont autorisés dans le cabinet ? Pour quels usages ?

"
Photo de Vérane FAURE

La responsabilité des cabinets comptables et des cabinets juristes, c’est de gagner en efficacité et de gagner en qualité de conseil pour leurs clients sans compromettre la relation qu’ils ont avec eux, c’est-à-dire sans faire passer de données confidentielles à des tiers, sans se tromper dans l’analyse de leurs documents et de leurs dossiers.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

Ce cadre protège tout le monde. Tous les profils d’adoption de l’IA sont satisfaits : Les enthousiastes savent ce qu’ils peuvent faire et ce qui est interdit. Les réfractaires sont rassurés par des règles claires et peuvent s’engager progressivement sans craindre de faire une erreur. Le cabinet dans son ensemble gagne donc en cohérence.

"
Photo de Vérane FAURE

On entend l’enthousiasme et les inquiétudes des uns et des autres. On définit un cadre dans lequel on utilise l’IA et on explique bien à quoi sert l’IA, dans quel cadre est-ce qu’elle sera utilisée, quel est son périmètre. Et ça joue beaucoup dans le fait qu’un projet impliquant de l’IA se passe bien.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

Étape 3 : commencer par les tâches où l’impact est évident

Il est recommandé de ne pas chercher à tout automatiser d’un coup. L’approche la plus efficace, est de commencer par les tâches où la frustration est la plus forte et où le gain est le plus visible. Dans les cabinets, ces tâches sont généralement bien identifiées : l’approbation des comptes, les fiches navettes, la ressaisie de données, les allers-retours entre pôles.

"
Photo de Vérane FAURE

On s’attaque uniquement à des aspects du métier où il y a de la tension, où il y a de la frustration, des points de douleur. Et l’objectif c’est justement de pouvoir dépasser ces points de douleur pour se consacrer à des trucs qui sont beaucoup plus intéressants.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

L’adoption se fait naturellement lorsqu’un collaborateur voit que l’IA lui fait gagner 15 minutes sur une fiche navette et qu’il réalise qu’il peut se concentrer sur le conseil plutôt que sur la saisie. Le meilleur argument en faveur de l’IA, c’est l’expérience directe des bénéfices qu’elle apporte à chacun.

Étape 4 : prendre le temps de comprendre

Dernier conseil et peut-être le plus important : ne pas se précipiter. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas de course à l’IA ! Chaque cabinet a son rythme, ses spécificités, ses équipes. L’essentiel est de prendre le temps de comprendre ce que l’IA est réellement, ce qu’elle peut apporter, et ce qu’elle ne peut pas faire.

"
Photo de Vérane FAURE

L’intelligence artificielle peut vraiment aider [NDLR : les entreprises] si elles apprennent à les apprivoiser, à bien cadrer ce qui est de l’ordre public, ce qui est de l’ordre confidentiel, les deux types d’IA qui existent, à quel moment les intégrer.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

Vérane insiste : les cabinets qui ont peur n’ont pas tort d’être prudents. Ils ont simplement besoin d’un accompagnement adapté et d’informations fiables, loin du bruit ambiant.

"
Photo de Vérane FAURE

Pour les cabinets qui ont un peu peur, c’est normal parce que la communication autour de l’IA, elle est vraiment pas idéale. L’idée c’est juste de demander tranquillement ce que c’est, d’expliquer, de prendre le temps d’appréhender ce que ça peut apporter pour vous.

Vérane FAURE

Experte IA, JURIA

Ce qu’il faut retenir

L’adoption de l’IA dans un cabinet ne se joue pas sur le choix de l’outil. Elle se joue sur la manière dont on prépare les équipes, dont on ouvre le dialogue, dont on définit les règles du jeu.

Les conseils de Vérane tiennent en quatre étapes : comprendre d’où viennent les résistances (la communication générale autour de l’IA), ouvrir le dialogue avec les équipes, définir un cadre clair qui distingue données confidentielles et données publiques, puis commencer par les tâches où l’impact est le plus immédiat et le plus visible.

Pas besoin de tout révolutionner du jour au lendemain. Il suffit de commencer au bon endroit, avec les bonnes règles, et d’avancer ensemble.

à propos de l'auteur
Myriam

Myriam Haroun est Responsable Marketing chez JurIA depuis août 2025. Spécialiste du marketing digital et passionnée par l'IA juridique, elle pilote la stratégie de communication et marketing. Diplômée d'un Double Master en Digital Marketing, elle combine expertise marketing (SEO, content, CRM) et compréhension des enjeux juridiques pour accompagner la croissance de JurIA.

Ses derniers articles
Ces articles pourraient vous intéresser
Adopter l'IA en cabinet, ce n'est pas une question d'outil mais d'accompagnement. Vérane Faure, cofondatrice de JurIA, livre 4 étapes concrètes pour embarquer vos équipes sans brûler les étapes.
Publié par
Myriam
Juristes, comptables : l'IA va-t-elle vraiment vous remplacer ? Vérane Faure, cofondatrice de JurIA, démonte le mythe et révèle ce que l'IA change vraiment dans les cabinets.
Publié par
Myriam
Algorithme maison co-construit avec des experts-comptables, suppression du FEC après traitement, nettoyage des données avant tout contact avec un LLM : comment JurIA garantit la confidentialité de vos données.
Publié par
Myriam